Dorothée & Jean : l’organisation

Nous retrouvons Dorothée et Jean, qui ont déjà évoqué leurs valeurs, pour cette fois, parler de l’organisation de leur mariage en deux temps !

Comment s’habille-t-on ?

Pour nos invités, nous n’avions pas de dress-code ; nous leur avions juste donné l’information que nous serions à la campagne, qu’il fallait se sentir à l’aise, et que prévoir un chapeau pouvait être un bon choix dans la mesure où une bonne partie de la journée devait se dérouler en extérieur.

Dorothée : De la même manière que nous voulions recevoir nos invités comme à la maison, je voulais être à l’aise avec mes vêtements, et je ne l’envisageais pas avec 3 jupons et 4 cerceaux ; de toute façon pour danser, ce n’est pas pratique ! Et c’est assez difficile à remettre. Je ne voulais pas une robe d’un jour, mais la robe du jour que je reporterais en repensant à cette journée. J’avais donc repéré un modèle d’un styliste australien que je voulais faire refaire à une couturière toulousaine en l’adaptant pour pouvoir la remettre, mais le prix m’a freiné. L’unicité a ses limites…

Du coup, j’ai trouvé (mi-juillet chez Coast, une boutique anglaise) une robe pour le samedi, mais je n’étais pas complètement convaincue. Et 15 jours avant la date, en allant manger en ville dans un quartier où je ne vais que très rarement, j’ai flashé sur LA robe. Elle tournait impeccablement bien !
J’ai utilisé la première pour le vendredi, à la mairie.

A la mairie

La robe du samedi n’a été retouchée que sur la longueur parce que je voulais libérer les chevilles lorsque je portais les talons pour danser et pouvoir la porter avec des chaussures plates pour le reste de la journée. La seule chose qui m’inquiétait était que le noir de ma robe choque Belle-Maman… que j’ai découverte en noire quand je suis arrivée aux bras de mes parents !

– Jean: Je voulais un costume simple, que je puisse reporter (pas de queue de pie ou veste longue,  ni veston). J’ai trouvé mon bonheur lors du même voyage à Londres évoqué plus haut, 2 mois avant le jour J.

Pour la cérémonie laïque

Nous avons acheté les pierres qui ornent nos alliances durant un voyage à Maurice quelques jours après que Jean ait fait sa demande (nous avions toujours plus ou moins su que nous allions nous marier, restait à répondre aux questions quand et comment, c’est le début de cette réflexion que marquait la demande en mariage). Ce sont des tanzanites, des pierres un peu méconnues qui nous permettait de nous imaginer que peu d’alliances ressembleraient aux nôtres. Nous sommes allés voir un joaillier à Toulouse qui les a montées.

Une de mes photos préférées !

Que mange-t-on ?

Le lieu qui nous accueillait a fait le choix de créer un emploi de cuisinier plutôt que de mettre la cuisine aux normes européennes pour pouvoir accueillir des traiteurs extérieurs. Nous avons aimé l’idée. Et le cuisinier est doué ! Pour la pièce montée, ce sont les gens du Domaine qui nous ont conseillés un pâtissier d’un village pas loin. Tous cuisinaient des produits locaux. Les canards (pour le foie gras et le magret) avaient grandi dans une ferme à moins de 5 km. Le vin (aussi conseillé par les gens du Domaine) venait de domaines voisins, sauf le vin du dessert que nous sommes allés chercher à Gaillac. Nous avons essayé autant que possible de prendre des produits locaux avec peu de transport -ou tout du moins pas de transport supplémentaire ; ainsi la brioche pour le samedi soir qui venait de Vendée a été amenée par des invités ; les confitures étaient faites maison par nos mamans ; le punch et l’apéritif maison servis au vin d’honneur par les parents des mariés. Seule entorse : le fromage, nous avons pris chez notre crémière habituelle un comté au gros sel, affinage 36 mois, du tonnerre ! Les autres fromages venaient de la région.

Un mariage mêlant…

Un an avant le mariage, nous avions rendu visite à chacun des invités (avec un tour de France réalisé en 15 jours) pour leur faire part de notre choix et leur annoncer la date ; nous en avions profité pour expliquer la forme que prendrait notre mariage. Ces annonces ont suscité beaucoup de curiosité et des discussions très intéressantes, des échanges de point de vue.

Traditions…
– la mairie (!)
– le choix d’un thème, même s’il était original : la route (comme dit précédemment, nous passons beaucoup de temps en voiture et nous aimions filer la métaphore sur le chemin à parcourir)
– l’organisation typiquement vendéenne de la journée : cérémonie en fin de matinée, vin d’honneur, repas le midi (de 14h à 18h environ, en plein air encore), bal en début de soirée (21h) et danse de la brioche à mi-soirée (23h, suivi d’une petite pause pour manger de la brioche et des fruits). Cette organisation permet de profiter pleinement de la journée, et permet aux personnes âgées de bien danser sans regretter d’aller se coucher alors que la fête bat son plein).
– l’arrivée de la mariée au bras de Papa à la mairie et aux bras de Papa et Maman à la cérémonie
– les dragées
– la pièce montée (Dorothée adore les choux à la crème pâtissière)

… et choix atypiques
– nous n’avons pas invités tous les membres de nos familles et avons plus ou moins bien assumé de ne rendre aucune invitation par politesse (à ceux qui nous avaient invité à leur mariage notamment)…
– un nombre relativement restreint d’invités
– notre animateur qui a été là du vin d’honneur à la dernière danse. Il nous avait été recommandé par un collègue quand nous recherchions de la musique pour le bal. Après l’entrée du repas de mariage, il s’est mis à chanter tout ce que nous lui demandions. Il a répondu à toutes les demandes, même les plus tordues (ce qui a d’ailleurs constitué le jeu de nos invités : arriver à le coller !). Nous ne savions pas à quoi nous attendre quand nous l’avons rencontré, même s’il nous avait mis à l’aise lors du premier rendez-vous, et que nous partagions les mêmes goûts musicaux !
– la table des mariés et des témoins était au centre d’un cercle décrit par les autres tables et les parents, oncles, tantes et grand-mère ont été réunies à la même table.

Au final, le cadre a rapidement mis nos invités à l’aise (grande tablée commune le vendredi soir) qui auraient pu être perdus (certains ne connaissant que les mariés) et ils ont lié connaissance, un peu contraints et forcés !

Des inspirations pour la déco ?

Style me pretty & consorts sont un formidable réservoir d’idées, mais on en a vite fait le tour. Beaucoup de mariages s’inspirent les uns des autres, alors à un moment on décide de trouver sa propre voie. Je crois qu’à force de nous gaver d’images, de lecture, de mauvaises interprétations de photos, de discussions, de partage avec la famille/les amis/des inconnus, les graines que les autres semaient ont fini par germer pour donner notre fleur à nous. Le thème de la route se prêtait facilement à une décoration adaptée :
– un grand panneau directionnel  pour indiquer les provenances de chacun (et la distance parcourue)
– porte-noms reproduisant des panneaux signalétiques (qui autant que nous le pouvions étaient en lien avec la personne, la petite Anouk était en plein dans sa période docteur !)

On the road ...

– la cagnotte était en forme de borne kilométrique (N20 pour ceux qui suivent…)
– j’ai récupéré auprès d’un sous-traitant de véritables panneaux signalétiques pour les plateaux de fromage
– le plan de table était en forme de panneau de rond-point et de fait les tables disposés en rond autour de la table des mariés…
L’ensemble de la déco a été réalisé par nos parents et nous. Mais le cadre n’avait pas besoin de beaucoup…

Cadeaux et livre d’or

Nos invités sont repartis avec des dragées (pour se conformer à la tradition, c’est important les traditions ! 😉 ) disposées sur les tables. Nous avions aussi placé dans les chambres  une mignonette de floc de gascogne pour les femmes et d’armagnac pour les hommes, ainsi qu’un paquet de gâteaux faits et emballés maison.

Nous avions aussi demandé à nos invités de nous préparer un CD de leurs musiques préférées afin de nous accompagner sur la route. Nous faisons beaucoup de voiture pour rendre visite aux uns et aux autres qui sont dispersés un peu partout – une entorse au concept locavore 🙂 – c’était donc pour nous un moyen de rattacher des chansons à des personnes et (re)découvrir leurs goûts.

Enfin, nous avons préféré un arbre à petits mots plutôt qu’un cahier, chacun était ainsi libre d’écrire quand il le voulait sans attendre que le cahier soit libre, et pas de pages vides non plus ! Un appareil photo et une petite imprimante étaient à disposition pour que les gens s’immortalisent dans un endroit du Domaine. Un fil à « photo » avait été tendu et ainsi les photos de tous participaient à la décoration du samedi et du dimanche !

L'arbre à mots

Alors, ça ne donne pas envie d’être une petite souris pour assister à tout ça ? Et encore, vous n’avez pas eu le récit de la cérémonie laïque … ce sera le prochain, et dernier épisode !

Le prix d’un mariage écolo : le repas

Suite d’un modeste dossier comparatif commencé ici avec la robe de mariée.

Il s’agit donc (je me répète), d’un comparatif triple, entre le budget moyen d’un mariage (d’après ce dossier publié sur le site Le Journal des femmes,) le budget de notre mariage, et enfin celui d’un mariage un peu plus classique mais toujours écologique, en partant sur une base d’une centaine de personnes.

Évidemment, ce ne pourra être qu’une proposition, à considérer parmi d’autres, car un mariage, écolo ou non, peut coûter de presque rien à presque tout, selon le nombre d’invités, le « standing » (quel vilain mot) … D’ailleurs Jerôme Desmas part sur un budget calculé selon des moyennes (12000 € pour un mariage).

Image sous licence Creative Commons, issue de la galerie de Petit Plat ! (clic pour visiter)

 

Pour le repas, la moyenne compte, selon JDF, entre 2500 et 3000 pour une centaine d’invités. Cette addition ne concerne que le traiteur et ne tient donc pas compte du vin d’honneur et des vins ; de plus, souvent le dessert est payé à part.

Notre mariage sera évidemment très différent puisque nous demandons à nos invités d’amener eux-mêmes des plats (un sucré, un salé) à partager. Nous nous occuperons des boissons et des mises-en-bouche. Une fois encore, je n’ai pas de tarif à vous soumettre, ou plutôt celui-ci est égal à zéro. Nous espérons que ce partage (auberge espagnole ou buffet québécois, selon les régions) crée de la convivialité, on pense donc à créer des étiquettes ou « marque-plats » pour que chaque cuisinier y note son nom et quelques mots sur son met (notamment pour les plats végétariens et les spécialités régionales). Et pourquoi pas organiser un mini-concours ? Je me souviens d’une dégustation de soupes dans un festival qui nous avait incité à faire connaissance avec d’autres gourmands …

D’autres alternatives. Et si l’on tient à offrir un repas à ses invités ? Il existe des traiteurs biologiques, d’autres (ou les mêmes !) engagés dans des démarches localistes, de redécouverte des fruits et légumes oubliés, de mise en valeur des « mauvaises herbes »  et des petits producteurs … et qui ne sont pas forcément très chers ! Une prestation de type « repas assis simple » (entrée, plat et dessert en assiette individuelle) se trouve à 1200€ pour 100 personnes, sans le service. (Par exemple, l’Appétit des possibles, pour les chanceux Toulousains.) Terra Via propose aussi des apéritifs dînatoires, vins compris, en buffet, à 15 € par personne, soit 1500 € pour notre centaine d’invités !

C’est sûr, ces menus plutôt simples changent des plus traditionnels, avec trois plats, entrée au fois gras et transition glacée pour arriver encore à caler quelque chose par dessus … mais est-ce vraiment un mal ? Bien mises en valeur par le thème choisi et la décoration, ces alternatives savoureuses peuvent aussi être très chics ! (comme dirait mon minuscule futur beau-frère de 7 ans)

Table Set Up, photo de KenaSiu, on clique pour visiter sa galerie !

Bien sûr, il faut que de  tels traiteurs existent là où vous vous mariez (certains proposent de se déplacer, mais le coût n’est pas négligeable, et puis il est important de soutenir les alternatives locales … et éventuellement de les influencer, simplement en faisant connaître votre demande, c’est une des raisons pour lesquelles je pense que s’il faut choisir, le local est préférable au bio). Selon le nombre de convives, on peut aussi penser à la solution du restaurant, il suffit alors de trouver celui qui correspond à vos valeurs … ou à certaines d’entre elles ! Je laisse la parole à Petit Poison, qui a trouvé son bonheur dans la souplesse : « A force de chercher, on est tombés sur un restaurant-gîte avec une salle suffisamment grande. Un bon point, car on souhaitait que tous les invités dorment sur place (en tout cas sans prendre de voiture.) Pari gagné, on a 56 couchages dans l’établissement, 8 à 16 à coté, encore 6 dans le village, et un terrain de camping ! :D [pas mal pour éviter les transports, et pour faire la fête l’esprit libre !] Là où on s’est vraiment décidés, c’est que la chef n’utilise que des produits de saison et très locaux. Pas bio, il est vrai. Mais ça nous a paru déjà très bien, surtout que c’était pile dans nos choix esthétiques, dans nos prix, pas trop loin… » Et le prix ? Pour cet exemple, 32 € par convive, repas et dessert inclus, donc 3200 € pour 100 personnes (je suis forte en calcul ;)) mais cela peut  varier … quel est le prix de votre menu préféré dans votre restaurant favori ?

Et surtout … régalez-vous !

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Les droits d’auteur s’appliquent à toute œuvre de l’esprit, quels qu’en soient le genre, la forme d’expression, le mérite ou la destination. Les photos ou extraits d’œuvres d’autres auteurs publiés sont sous licence Creatives Commons, ou entrent dans le cadre du droit de citation.

Tout lecteur de ce blog doit en respecter les droits de propriété intellectuelle. Il doit notamment veiller à ne pas reproduire et diffuser les articles et contributions publiées sur ce blog sur des supports payants sans l’accord de l’auteur. Tout lecteur peut néanmoins reproduire le contenu de ce blog à des fins de consultations privées ou reproduire et diffuser de courts extraits d’un article sur des supports gratuits (blogs, forums notamment) en citant « Envie de mai, enviedemai.wordpress.com » et l’auteur (sous son nom réel ou pseudonyme) de l’article ou du message.

Un mariage sans traiteur …

… est à la fois plus simple (et moins cher) et plus compliqué.

Plus simple, déjà, parce que nous faisons une auberge espagnole (une sorte de pique nique géant, chaque invité amenant un plat sucré et un plat salé, de quoi se régaler pendant deux repas d’après l’expérience de nos amis).

Plus simple aussi, en un sens,  parce que pour un certain nombre de choses que nous préparons nous mêmes – et notamment l’apéritif après-mairie avant-cérémonie qui nous permet de remercier les présents non-intimes, collègues et voisins – c’est la nature qui décide : les noix et le basilic pour le pesto aveyronnais, c’était la semaine dernière dernier délai (du moins pour ramasser le basilic, que l’on peut conserver dans l’huile un moment), nous cueillons les dernières tomates (sous serre) pour la sauce des pizzas, les pâtés végétaux, ce sera en suivant les saisons des légumes …

Finalement, la partie que je trouve la plus floue – car je ne sais même pas si c’est vraiment compliqué, à la réflexion – concerne les achats directs. En effet, nous tenons à acheter directement aux petits producteurs locaux (en bio pas forcément labellisé). C’est une habitude que nous avons maintenant depuis plusieurs années, en plus ou moins grande proportion selon les groupements d’achat des villes où nous avons vécu (attention, lien vers mon blog lu par les amis, merci d’être discrets sur celui-ci si vous y passez).

Mais comme nous venons d’arriver dans la région, nous n’avons pas encore retrouvé nos habitudes, et même lorsque ce sera le cas, je panique un peu à l’idée de devoir réfléchir à tous les détails qu’une seule personne (traiteur ou caviste) règle dans d’autres cas. D’autant que les petits producteurs ne peuvent pas forcément fournir de grosses commandes pour un seul jour et un seul client.

Enfin, nous savons où acheter le champagne, et la farine pour le pain, c’est le principal … non ?

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