Dorothée & Jean : l’organisation

Nous retrouvons Dorothée et Jean, qui ont déjà évoqué leurs valeurs, pour cette fois, parler de l’organisation de leur mariage en deux temps !

Comment s’habille-t-on ?

Pour nos invités, nous n’avions pas de dress-code ; nous leur avions juste donné l’information que nous serions à la campagne, qu’il fallait se sentir à l’aise, et que prévoir un chapeau pouvait être un bon choix dans la mesure où une bonne partie de la journée devait se dérouler en extérieur.

Dorothée : De la même manière que nous voulions recevoir nos invités comme à la maison, je voulais être à l’aise avec mes vêtements, et je ne l’envisageais pas avec 3 jupons et 4 cerceaux ; de toute façon pour danser, ce n’est pas pratique ! Et c’est assez difficile à remettre. Je ne voulais pas une robe d’un jour, mais la robe du jour que je reporterais en repensant à cette journée. J’avais donc repéré un modèle d’un styliste australien que je voulais faire refaire à une couturière toulousaine en l’adaptant pour pouvoir la remettre, mais le prix m’a freiné. L’unicité a ses limites…

Du coup, j’ai trouvé (mi-juillet chez Coast, une boutique anglaise) une robe pour le samedi, mais je n’étais pas complètement convaincue. Et 15 jours avant la date, en allant manger en ville dans un quartier où je ne vais que très rarement, j’ai flashé sur LA robe. Elle tournait impeccablement bien !
J’ai utilisé la première pour le vendredi, à la mairie.

A la mairie

La robe du samedi n’a été retouchée que sur la longueur parce que je voulais libérer les chevilles lorsque je portais les talons pour danser et pouvoir la porter avec des chaussures plates pour le reste de la journée. La seule chose qui m’inquiétait était que le noir de ma robe choque Belle-Maman… que j’ai découverte en noire quand je suis arrivée aux bras de mes parents !

– Jean: Je voulais un costume simple, que je puisse reporter (pas de queue de pie ou veste longue,  ni veston). J’ai trouvé mon bonheur lors du même voyage à Londres évoqué plus haut, 2 mois avant le jour J.

Pour la cérémonie laïque

Nous avons acheté les pierres qui ornent nos alliances durant un voyage à Maurice quelques jours après que Jean ait fait sa demande (nous avions toujours plus ou moins su que nous allions nous marier, restait à répondre aux questions quand et comment, c’est le début de cette réflexion que marquait la demande en mariage). Ce sont des tanzanites, des pierres un peu méconnues qui nous permettait de nous imaginer que peu d’alliances ressembleraient aux nôtres. Nous sommes allés voir un joaillier à Toulouse qui les a montées.

Une de mes photos préférées !

Que mange-t-on ?

Le lieu qui nous accueillait a fait le choix de créer un emploi de cuisinier plutôt que de mettre la cuisine aux normes européennes pour pouvoir accueillir des traiteurs extérieurs. Nous avons aimé l’idée. Et le cuisinier est doué ! Pour la pièce montée, ce sont les gens du Domaine qui nous ont conseillés un pâtissier d’un village pas loin. Tous cuisinaient des produits locaux. Les canards (pour le foie gras et le magret) avaient grandi dans une ferme à moins de 5 km. Le vin (aussi conseillé par les gens du Domaine) venait de domaines voisins, sauf le vin du dessert que nous sommes allés chercher à Gaillac. Nous avons essayé autant que possible de prendre des produits locaux avec peu de transport -ou tout du moins pas de transport supplémentaire ; ainsi la brioche pour le samedi soir qui venait de Vendée a été amenée par des invités ; les confitures étaient faites maison par nos mamans ; le punch et l’apéritif maison servis au vin d’honneur par les parents des mariés. Seule entorse : le fromage, nous avons pris chez notre crémière habituelle un comté au gros sel, affinage 36 mois, du tonnerre ! Les autres fromages venaient de la région.

Un mariage mêlant…

Un an avant le mariage, nous avions rendu visite à chacun des invités (avec un tour de France réalisé en 15 jours) pour leur faire part de notre choix et leur annoncer la date ; nous en avions profité pour expliquer la forme que prendrait notre mariage. Ces annonces ont suscité beaucoup de curiosité et des discussions très intéressantes, des échanges de point de vue.

Traditions…
– la mairie (!)
– le choix d’un thème, même s’il était original : la route (comme dit précédemment, nous passons beaucoup de temps en voiture et nous aimions filer la métaphore sur le chemin à parcourir)
– l’organisation typiquement vendéenne de la journée : cérémonie en fin de matinée, vin d’honneur, repas le midi (de 14h à 18h environ, en plein air encore), bal en début de soirée (21h) et danse de la brioche à mi-soirée (23h, suivi d’une petite pause pour manger de la brioche et des fruits). Cette organisation permet de profiter pleinement de la journée, et permet aux personnes âgées de bien danser sans regretter d’aller se coucher alors que la fête bat son plein).
– l’arrivée de la mariée au bras de Papa à la mairie et aux bras de Papa et Maman à la cérémonie
– les dragées
– la pièce montée (Dorothée adore les choux à la crème pâtissière)

… et choix atypiques
– nous n’avons pas invités tous les membres de nos familles et avons plus ou moins bien assumé de ne rendre aucune invitation par politesse (à ceux qui nous avaient invité à leur mariage notamment)…
– un nombre relativement restreint d’invités
– notre animateur qui a été là du vin d’honneur à la dernière danse. Il nous avait été recommandé par un collègue quand nous recherchions de la musique pour le bal. Après l’entrée du repas de mariage, il s’est mis à chanter tout ce que nous lui demandions. Il a répondu à toutes les demandes, même les plus tordues (ce qui a d’ailleurs constitué le jeu de nos invités : arriver à le coller !). Nous ne savions pas à quoi nous attendre quand nous l’avons rencontré, même s’il nous avait mis à l’aise lors du premier rendez-vous, et que nous partagions les mêmes goûts musicaux !
– la table des mariés et des témoins était au centre d’un cercle décrit par les autres tables et les parents, oncles, tantes et grand-mère ont été réunies à la même table.

Au final, le cadre a rapidement mis nos invités à l’aise (grande tablée commune le vendredi soir) qui auraient pu être perdus (certains ne connaissant que les mariés) et ils ont lié connaissance, un peu contraints et forcés !

Des inspirations pour la déco ?

Style me pretty & consorts sont un formidable réservoir d’idées, mais on en a vite fait le tour. Beaucoup de mariages s’inspirent les uns des autres, alors à un moment on décide de trouver sa propre voie. Je crois qu’à force de nous gaver d’images, de lecture, de mauvaises interprétations de photos, de discussions, de partage avec la famille/les amis/des inconnus, les graines que les autres semaient ont fini par germer pour donner notre fleur à nous. Le thème de la route se prêtait facilement à une décoration adaptée :
– un grand panneau directionnel  pour indiquer les provenances de chacun (et la distance parcourue)
– porte-noms reproduisant des panneaux signalétiques (qui autant que nous le pouvions étaient en lien avec la personne, la petite Anouk était en plein dans sa période docteur !)

On the road ...

– la cagnotte était en forme de borne kilométrique (N20 pour ceux qui suivent…)
– j’ai récupéré auprès d’un sous-traitant de véritables panneaux signalétiques pour les plateaux de fromage
– le plan de table était en forme de panneau de rond-point et de fait les tables disposés en rond autour de la table des mariés…
L’ensemble de la déco a été réalisé par nos parents et nous. Mais le cadre n’avait pas besoin de beaucoup…

Cadeaux et livre d’or

Nos invités sont repartis avec des dragées (pour se conformer à la tradition, c’est important les traditions ! 😉 ) disposées sur les tables. Nous avions aussi placé dans les chambres  une mignonette de floc de gascogne pour les femmes et d’armagnac pour les hommes, ainsi qu’un paquet de gâteaux faits et emballés maison.

Nous avions aussi demandé à nos invités de nous préparer un CD de leurs musiques préférées afin de nous accompagner sur la route. Nous faisons beaucoup de voiture pour rendre visite aux uns et aux autres qui sont dispersés un peu partout – une entorse au concept locavore 🙂 – c’était donc pour nous un moyen de rattacher des chansons à des personnes et (re)découvrir leurs goûts.

Enfin, nous avons préféré un arbre à petits mots plutôt qu’un cahier, chacun était ainsi libre d’écrire quand il le voulait sans attendre que le cahier soit libre, et pas de pages vides non plus ! Un appareil photo et une petite imprimante étaient à disposition pour que les gens s’immortalisent dans un endroit du Domaine. Un fil à « photo » avait été tendu et ainsi les photos de tous participaient à la décoration du samedi et du dimanche !

L'arbre à mots

Alors, ça ne donne pas envie d’être une petite souris pour assister à tout ça ? Et encore, vous n’avez pas eu le récit de la cérémonie laïque … ce sera le prochain, et dernier épisode !

Le jour J, prologue

Le samedi matin, je me réveille à 6h, largement la première, j’ai très peu dormi comme les deux nuits précédentes. Je prépare la table du ptit déj. En attendant que les amis arrivent, je vais me promener, jusqu’à la grange. Il fait très très froid (3-4 degrés), je regarde les alentours, la vallée, entre dans la grange, passe sous la guinguette, en me disant « C’est aujourd’hui« .

Je rentre à la maison, me douche, me maquille. L »homme qui se lève émerge, je commence à lui parler de menus détails, il esquive « je vais plutôt écrire ma déclaration ». J’amène une table dans notre chambre, qui fera office de boudoir quand la coiffeuse arrivera, à 8h30. J’y ajoute le maquillage, un miroir, un petit bouquet que ma nièce m’a offert la veille, un ordinateur pour écouter de la musique. Les amis commencent à arriver, on a lancé le thé, le café. Je partage avec eux ce début de petit déjeuner, puis la coiffeuse arrive.

Les trois « coiffées » dont ma témoin Floh et moi nous isolons dans la chambre pas encore maritale, des copines passent prendre le thé, on se fait coiffer, on se maquille (éventuellement les unes les autres), Floh repasse mes robes et la chemise de Nico (louanges lui soient dédiées !), on s’habille …

Je teste mes gilets avec mes robes, vu le froid … eh non, je ne l’ai pas fait avant, mais tout concorde ! Le stress, auquel je ne m’attendais pas du tout, commence à monter … j’ai la tremblote. Je suis coiffée, c’est le tour de Floh, puis d’Elise, puis de M. … On se conseille les unes les autres, je maquille M., elle me met du vernis … et juste avant de partir, en réclame elle aussi ! E. se précipite, vite vite, il est temps !

Il est presque 11h. Tout le monde, dont l’homme qui a oublié sa fleur de boutonnière, est devant la mairie, sauf ma témoin et une amie qui m’accompagnent …

Le petit bouquet sur la table m’a fait de l’oeil, E. lui a ajouté un ruban, une amie passe  juste comme ça avec quatre boutons d’or qu’on ajoute. Un autre vient se changer, je lui donne la fleur en tissu pour l’homme qui n’a pensé qu’à son chapeau.

Ne reste que Floh, E. et moi. Je tremble comme une feuille, en marchant vers la mairie …

 

A quoi sert une robe de mariée simple ?

Je n’ai pas voulu de robe de mariée classique pour un tas de raisons que j’expliquais ici et ici.
Je précise quand même que pour les autres, je n’ai rien contre les robes de mariées, et que même je crois que j’adore ça (sur les copines pas sur les mannequins !). La dernière mariée que j’ai vue, robe assez classique mais pas trop, m’a toute émotionnée tellement elle était jolie et … « spéciale » pour un jour qui ne l’était pas moins.

Mais si j’ai expliqué pourquoi je ne voulais pas d’une robe magnifique et volumineuse et irremmetable, je n’ai pas expliqué pourquoi je voulais une robe simple.

Pourquoi porter une robe relativement simple ?

Ce qui me tenait à coeur, pendant cette journée, c’est d’être la plus naturelle possible (ce qui n’a rien d’évident quand des paparazzi, même bien intentionnés, vous mitraillent de tous côtés, et que vous êtes, forcément, et au moins à certains moments, au centre de l’attention), et de participer. Parce c’est comme ça que je prends plaisir à faire les choses, parce que c’est comme ça que je m’ouvre à la rencontre aussi, en faisant avec d’autres.

Avec la robe courte que j’ai porté jusqu’en milieu d’après-midi, j’ai pu marcher dans un chemin un peu boueux sans stresser (on guette quand même où on met les pieds, la photo le prouve), mettre mes bons gros vieux gilets des familles (et il y en avait hélas besoin) plutôt qu’une étole qui ne tient pas chaud sans que ça jure, porter des bébés sans avoir peur qu’ils me bavent ou pire dessus (ce qu’ils n’ont pas fait, d’ailleurs), passer par dessus le comptoir pour servir le champagne (j’adore jouer à la barmaid), m’asseoir par terre et m’accouder contre un mur sans l’avoir javelisé avant, serrer les gens dans mes bras, découper des gâteaux sans craindre l’explosion du chocolat, débarrasser un peu les tables. Bien sûr, je n’ai fait qu’un peu de tout ça, mais je pouvais le faire, et c’était important pour moi.

Par contre, c’était bien aussi d’avoir une robe longue, simple aussi, mais plus « sérieuse », pour la cérémonie. Il y avait quelque chose de plus solennel, et plus tard, pour le bal et la première valse des mariés surprise (on pensait démarrer avec un cercle circassien), ça permettait de masquer un peu mes faux pas (On ne sait pas du tout valser. Mais on s’est bien amusés.)

Et ça ne m’a pas empêchée de jouer au molku !

Tenue du marié, tenues de la mariée

Histoire de faire un billet à peu de frais …

Avant toute chose, vous rassurer, non, je ne regrette pas une seconde mon choix de ne pas porter de « robe de mariée » conventionnelle. J’y reviendrai !

Et mon époux ?  Lui a eu l’impression de porter un costume ! Pourtant, il était simplement en chemise et pantalon de ville. La chemise lui allait parfaitement, par contre elle était un peu froide vue la saison. Il a bien aimé pouvoir s’asseoir dans l’herbe sans craindre d’abîmer son pantalon (même s’il conseille plutôt le noir en pareil cas).

Nous voici donc, lui en tenue de toute-la-journée, moi en tenue de mairie et de déjeuner.

Il recommande hautement le chapeau (mais attention au décoiffé !), trouve que celui-ci remplit un peu la même fonction que le bouquet de mariée, permet toute une gestuelle, et de jolies photos.

On lui a fait ce joli compliment : « Tenue d’une simplicité extrême et d’une élégance équivalente ».

La mariée porte une robe Paul Brial, collection 2010, modèle Coquelicot (dit la vendeuse … moi ça ne m’étonnerait pas que ce soit « Tulipe »), coup de coeur en vitrine alors que je me désolais des difficultés de confection de ma robe par une couturière débutante du coin. Prix :  plus d’une centaine d’euros, moins de 200 (ce n’est pas de la fausse pudeur, je ne m’en souviens plus …) A propos de la marque, c’est un créateur toulousain dont l’atelier est au Maroc, le même depuis 15 ans, et qui ne distribue que dans des boutiques indépendantes. Ni équitable, ni bio.

Les chaussures m’ont été prêtées par la soeur de l’épouse du témoin de mon mari (faut suivre !). A la réflexion j’aurais dû faire des photos en pied en tenue avant le jour J, j’aurais vu que je me tenais bizarrement avec et aurais mis la paire de mon autre tenue.

Le froid m’a permis de mettre le gilet que la grand-mère de Nico m’avait tricoté à Noël. Je l’adore, et j’aime ce symbole, comme celui du petit bouquet que je tiens à la main.

Le marié a, après avoir écumé en vain (c’est que Monsieur est grand, fin, avec les épaules larges, un modèle pas courant) les fripes et dépôts-ventes de Toulouse, acheté neuf un pantalon et une chemise dans un magasin de chaîne (environ 130 € les deux), conditions de fabrication inconnues. Son chapeau (borsalino ?) est une création Lubie Lulle, créatrice toulousaine de pièces uniques, avec des ptits bouts de plein de choses (là, des boutons). Il a trouvé ses chaussures en friperies (chez Groucho Rétro pour les connaisseurs). A savoir : dans les dépôts ventes et les friperies, il y a quantités de chaussures classiques pour hommes (et moins classiques pour femmes, avis aux amatrices de couleurs), toutes les tailles, au tiers du prix et garanties.

La fleur a été faite maison (pas par moi) avec des chutes de tissu de mon autre robe. Nico l’a remplacé assez vite par une vraie rose. Et à la main, le tout neuf livret de famille (avec beaucoup de pages pour beaucoup d’enfants, a dit Monsieur l’adjoint au maire) (tu veux pas contrarier la mairie, dis ?)

Et pour ma seconde tenue (pour la cérémonie et la soirée), la robe faite par ma couturière (après de looooooooooongs efforts de nos deux côtés), très appréciée de tous et en particulier de mon mari et de mes vraies-fausses demoiselles d’honneur.

Je n’ai guère de photos où on la voit bien pour le moment, elle était très longue, on ne voyait même pas le bout de mes chaussures à petits talons (j’en ai profité pour mettre les blanches que je mets dans tous les mariages depuis des années). Le collier m’a été prêté par ma témoin, après l’essai de toute la joaillerie de toutes les jeunes femmes présentes.

La robe a couté environ 130 euros de main d’oeuvre et autant de tissu (le satin rouge, très légèrement brillant, léger, de chez biotissus).

Voilà !

Une robe simple pour la mairie

Faire faire sa robe par une couturière débutante, quand vous êtes toutes les deux bien occupées par ailleurs, et que vous avez des critères qui réduisent quelque peu les fournisseurs de tissus, ça peut être … un rien stressant !

Du coup, histoire de pouvoir toujours prétendre au titre de maîtresse zen que m’a décerné le Petit Poison, j’ai décidé que c’était l’occasion de m’offrir une jolie robe, pas de mariée, mais suffisamment habillée à mes yeux pour que je la mette à la mairie (voire toute la journée au pire), ou le lendemain du mariage.

Comme je ne la trouve sur le site internet de Paul Brial, une marque toulousaine, je vous gratifie dans mon immense bonté d’une photo immonde prise sur le pouce au réveil, pendant que l’homme qui aura la surprise ferme les yeux.

S’il y a encore des petites souris invitées pour de vrai, ne cliquez pas là en dessous ! Pour les autres, qu’en pensez-vous ?

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Perdre 5 kilos avant son mariage

… c’est vraiment une idée à la con.

Attention, des traces de provocation peuvent subsister dans ce billet.

C’est Mademoiselle Dentelle qui m’a inspiré ce billet, avec ce texte-ci et celui-là. J’espère qu’elle sait que rien de ce que je dis ici n’est dirigé contre elle … surtout qu’au fond, on dit un peu la même chose.

Dans une autre vie, il y a quelques années, j’ai pensé à me marier. Dans cette autre vie, j’étais obsédée par mon poids. Pas une obsession réellement pathologique, et il est probable que nous n’ayez rien remarqué si vous m’aviez côtoyée à l’époque, pour la bonne raison que la plupart des filles de moins de trente ans sont obsédées de la même façon. La surveillance constante de ses formes est devenue une norme, à tel point que c’est celle qui se fiche des variations de son corps à qui on recommande de faire attention … Fatima Mernissi parle du « harem de la taille 38« , j’aurais dit 36 mais c’est un détail …

J’ai mis 15 ans et un électrochoc à faire le deuil du corps que j’avais à 12 ans. Parce que ce corps-là, c’est celui qu’on nous montre le plus souvent dans les magazines que je n’achète plus, sur les publicités qui s’imposent à ma vue. On s’imbibe en même temps du culte du corps, ferme mince pulpeux musclé hydraté épilé, et de la haine de notre corps, jamais assez mince pulpeux ferme musclé soyeux imberbe.

Je n’ai jamais été grosse, quoi que ce mot puisse vouloir dire, et depuis mes 13 ans je rêvais d’être plus mince (ce qui quand je vois les photos de l’époque veut dire maigre). Mon poids n’a bougé que d’un ou deux kilos pendant 10 ans, une fois atteint mes 168 cm, malgré des régimes débiles à répétition, l’arrêt et la reprise du sport. N’empêche que quand je pesais 59 kilos, je me sentais moche et coupable, et quand l’aiguille descendait à 57, je me trouvais jolie, quelle que soit ma tête dans la glace.

Un clic et vous êtes dans la galerie du photographe !

Leah : Life imitating art

Entre deux tailles de vêtements, je flottais toujours légèrement dans l’une et était serrée dans l’autre. Je prenais toujours la seconde. 13 ans à rentrer le ventre.

Et puis j’ai traversé deux crises de vie à trois ans d’intervalle. La première fois, j’ai perdu beaucoup de  poids, je ne sais combien, très vite et sans régime, que j’ai repris progressivement, sans m’en préoccuper. La seconde, j’ai perdu cinq kilos, je voulais me maintenir à ce poids, je sautais le repas d’avant la plage, je voulais même perdre quelques kilos de plus, profiter de ma « chance ».

J’ai repris dix kilos, et pour la première fois de ma vie, ma peau a marqué le coup. Et, comme je commençais à ouvrir les yeux sur toute cette dinguerie, j’ai décidé que ça suffisait. Que je ne ferais plus de régime. Que je ne ferais plus juste attention. Que j’allais vivre avec ce bidon que j’avais toujours trouvé disgracieux, que je ne perdais jamais même à mon poids le plus bas et que mes amoureux adoraient.

Après tout, quand j’étais petite, vraiment petite, je me fichais de tout ça, et j’étais dorée, musclée, mince et surtout pleine de vitalité. C’est quand j’ai voulu mincir que mon poids est devenu un problème, quand je me suis mise au soleil pour bronzer que j’ai alterné pâleur et coups de soleil, quand j’ai voulu me muscler que je me suis trouvée trop paresseuse pour le faire.

M’aimer, je ne peux m’y forcer, ni même m’y efforcer. Mais je peux arrêter de me maltraiter. Je peux mettre des vêtements à ma taille, ou un peu larges si cela me permet de mieux bouger, de mieux respirer. Je peux essayer de manger quand j’ai faim ou envie, de connaître mieux la nutrition et les besoins de mon corps. Je peux manger des fleurs parce que c’est bon aussi pour l’esprit. Je peux chercher à me connaître plutôt qu’à savoir réciter les x façons de perdre du poids et des tailles de pantalon.

Ça a pris deux ans. J’ai perdu – très lentement – les kilos gagnés, mais c’est accessoire : j’ai surtout appris à mieux vivre mon corps, à arrêter de le tenir à distance, de le contrôler, comme si lui et moi n’étions pas un/e.

Alors non, pas de régime pré-mariage pour moi. Juste une robe à ma taille !

Où trouver une robe de mariée écologique ?

Pour de basses raisons de visibilité,  j’ajoute ici le billet (complété) qui se trouve aussi en page-pas-d’accueil.
Un petit répertoire, régulièrement enrichi, des adresses pour des robes ou des idées écologiquement responsables, socialement satisfaisantes et … incroyablement jolies !

Ann-C, de Jolis Mariages, nous a déniché (merci !) cet article en anglais, que je traduirai sans doute un autre jour de pluie. Celui-ci nous rappelle qu’il y a deux façons de trouver une robe de mariée « amie de la nature » : en choisir une créée ET cousue localement, avec des matériaux sains et achetés équitablement, ou redonner vie à une robe, qu’elle soit vintage ou d’occasion. Je vous propose donc ci-dessous des adresses de créatrices et de dépôts-vente qui correspondent ou s’approchent de ces critères.

Tougani&Virginie

Mais n’oublions pas que le talent peut être partout autour de nous, et que, notamment grâce au réseau des blogs, mais aussi par le bouche-à-oreille, on peut trouver des couturières ravies de tenter l’aventure … Qui travaillera plus localement que votre voisine ? (C’est possible, je le fais !) Peut-être le fait maison, comme le raconte Ann-C ! Pour les tissus, je vous renvoie au récapitulatif de l’Atelier Naturel. Ce qui vous permet aussi de vous inspirer de tout ce que vous aimiez dans des robes hors de prix ou qui ne correspondaient pas à vos valeurs, ou d’inventer complètement autre chose … à la mesure du talent et des compétences de votre couturière-créatrice !

N’oublions pas non plus … qu’il ne s’agit que de pistes, et que chacune et chacun fait au mieux, selon ce qui lui tient le plus à cœur et ce qui est possible sur le moment !

Les robes des mariées qui ne sont pas des robes de mariée !


Un été en automne

Avant tout, n’oubliez pas que c’est peut-être l’occasion de vous offrir la robe de vos rêves … et pas seulement en tant que robe de mariée, ce qui vous permettrait éventuellement de la revêtir à nouveau … ce que Petit Poison appelle « l’extravagance assumée ». Attention, ce n’est pas forcément évident de remettre sa robe de mariée, même si elle est assez simple ! Symboliquement, émotionnellement, elle signifie beaucoup …

En même temps, le jour du mariage, entre la robe, le maquillage, la coiffure, on peut se sentir déguisée … une robe plus sobre – celle-ci l’est peut-être un peu trop – permet éventuellement de se lâcher sur les accessoires sans en faire trop. Et puis, si vous n’avez jamais rêvé d’être une princesse, c’est le moment de laisser s’exprimer votre lutine, bergère ou fée intérieure … dans les couleurs et les formes qui vous plaisent !

Les (autres) créatrices

Aranel (clic !)

Elsa Gary est un nom qui revient souvent dans les articles consacrés aux robes de mariées écologiques ou équitables. Pourtant, la créatrice n’indique pas la provenance de ses tissus en fibres naturelles sur son site, peut-être parce que sa réputation bien assise l’en dispense ? Autour de 1300€, des magasins partout en France.
Aranel … des robes « cuisinées », selon leur créatrice, avec des tissus naturels biologiques et issus du commerce équitable, à partir de 700€. Près de Strasbourg, elle peut aussi venir chez les clients …

Tougani Virginie propose des robes en fibres naturelles et en tissus bio, « fabriquées dans le respect de l’homme et de son environnement ». Une démarche prometteuse, mais un peu floue (du moins sur le site). Coûts des prestations : de 1500 à 2500 €, et à Paris évidemment …

Les dépôts-ventes

En ce qui concerne les magasins d’occasion spécialisés (on peut aussi trouver de très belles pièces dans des dépôts-ventes généralistes !), on dit le plus grand bien de Fortunée, à Paris. (Un témoignage ici, un autre ). A Paris toujours, il y a aussi Graine de Coton. Et en Provence, il y a Le Boudoir de la Mariée !

Je ne parle pas de la location des robes de mariée … cela existe, mais à vrai dire, je trouve cela très cher.

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