Un mariage sans photographe et sans regret !

Parfois, j’ai l’impression que notre choix de nous marier sans faire appel à un photographe professionnel étonne davantage encore que le principe de l’auberge espagnole !

Avant de reprendre le récit de Clara dans la catégorie « Vrais mariages », je me suis donc dit que j’allais faire un petit retour sur notre décision et ses conséquences.

Nous n’avions pas envie de faire appel à un photographe professionnel, alors que nous aimons le travail de certains, à la fois pour des raisons de budget et de convivialité (nous ne voulions que des invités à notre mariage, pas de prestataires – nous avons bien fait appel à des baby-sitters pour les bébés, mais elles étaient dans une maison au village, pas sous la guinguette).

Nous n’avons donc pas eu de photographe pro, mais trois photographes officiels amateurs, et deux photographes autoproclamées … Nous n’avons pas fait de séance pour des photos posées, que ce soit en groupe ou seul. De ces quelques heures à quelques jours passés avec nos amis venus de toute la France et au-delà, nous ne voulions pas perdre une miette !

Cela dit, j’imagine que des photos en groupe peuvent aussi être un bon moment passé ensemble, surtout si la photo n’est pas trop posée, et si des accessoires (type photobooth) s’en mêlent … Voire pour cela la série « Des photos de groupe pas chiantes », sur le blog d’Uhu. Je suis beaucoup moins convaincue par le chapelet « photo avec les parents », « photo avec les grands parents », « photo avec les potes du lycée » … qui s’éternise souvent trop à mon goût quand je suis invitée, et que nous n’avions pas envie de reproduire.

(Une fois encore, rien de ce qui et écrit ici n’est parole d’Évangile (manquerait plus que ça ;)), c’est un point de vue et une expérience. Si c’est important pour vous de faire plaisir à votre grand-mère en posant avec elle, vous avez bien raison de le faire.)

Résultat ? Nous avons de fort jolies photos, qui nous plaisent infiniment. Des photos de groupe, des photos de couple. J’en ai retravaillé certaines, merci Picasa, pour mieux rendre la lumière telle qu’elle était dans mon souvenir, recadrer, plus rarement pour gommer un petit défaut (bretelle qui tombe et dévoile celle du soutien-gorge …). C’est de la triche, ok, mais que croyez-vous que les vrais photographes fassent ?

Deux de ces photos sont encadrées chez nous (et quarante-douze chez ma môman, mais c’est pas une preuve, c’est ma môman).

Il m’arrive devant une photo que je trouve particulièrement belle, avec un côté que je ne sais qualifier autrement qu’intemporel (de ce genre-là), d’avoir un petit pincement au cœur. Il ne dure pas : je pense que si j’aime autant ce genre de photos, c’est parce que je ne suis pas dessus, et que j’ai un regard extérieur, dépassionné. Ce sont réellement de belles images, et je les aime comme telles, mais elles ne ressemblent pas à notre journée de mariage – qui était davantage un très gai foutoir.

Quelques photos de notre mariage que j’aime énormément …

Attention, celle-ci est vraiment ma favorite, mais je viens de la flouter, pour éviter que nos amis ne soient reconnaissables ! Elle est très nette en réalité. Je reconnais que l’idée de vous montrer une photo floutée pour vous prouver qu’un photographe amateur peut faire des photos réussies se mord la queue, mais j’espère que vous ressentirez ce qui s’en dégage et que vous comprendrez pourquoi elle nous plaît tant !

A la sortie de la mairie, des amis encore à l'intérieur, le gramophone sur le rebord de la fenêtre, les premières bulles soufflées par les plus rapides à sortir et qui volent partout, les touches de rouge, le bouquet offert par ma nièce qui le regarde, le livret de famille à la main de mon mari, et le baiser ...

D’autres photos, que vous connaissez déjà si vous êtes assidus sur ce blog – mais je ne vais pas vous mettre uniquement des inédites floutées !

Lors de la cérémonie laïque ... (avec une bretelle que j'aurais pu faire disparaître !)

Nous avons utilisé celle-ci pour nos faire-parts … vous ne remarquez rien ?

Croyez-moi si vous voulez, mais sur cette photo, envoyée en faire-part donc, mon beau-père se tenait à l’origine juste derrière l’homme qui sourit et moi, au centre de l’image. Après quelques manipulations de base – et pas très soignées je l’avoue – sur Picasa, il a disparu – et absolument personne ne nous a fait un retour suspicieux sur le flou derrière nous …

Aucun regret, donc : ce jour-là, pour nous, sans photographe professionnel, c’était mieux qu’avec Nous avons plein de souvenirs en tête et en photos !

Une prochaine fois, quelques conseils à distribuer aux photographes amateurs …

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Bienvenue !

Aux nouveaux lecteurs venus de chez Mademoiselle Dentelle … C’est un peu silencieux par ici en ce moment, mais plein d’articles sont en préparation, restez connectés !

Quant à ceux qui ne connaitraient pas Mademoiselle Dentelle, un premier et très joli témoignage de mariage simple et participatif vient d’être publié sur son blog !

Dorothée & Jean : leurs valeurs, leurs envies

Ce blog m’a permis de faire quelques jolies rencontres … Et notamment, de prendre connaissance du mariage écologique et laïc de Dorothée et de Jean.

Avec des « gros cailloux » de départ assez semblables aux nôtres, ces amoureux sont arrivées à deux journées, et à une cérémonie de mariage très différentes … Et pourtant ! Tout leur ressemble, et à voir leurs sourires, dépasse même leurs attentes !

Mais je leur laisse la parole …

Le couple

Nous nous sommes rencontrés en 2006, à un mariage d’un ami (de Jean) et d’une amie (de Dorothée). Un mariage à Orléans alors que nous habitions l’un et l’autre Toulouse. Nous avons covoituré pour le retour, la première d’une très longue série de discussions enflammées en voiture. Quelques semaines plus tard, notre histoire de couple naissait ; un an plus tard nous achetions un appartement et nous pacsions dans la foulée. En septembre 2010, nous nous sommes mariés à Eauze, dans le Gers.

L’esprit du mariage

Trois mots qui résument l’esprit de notre mariage…
– « Comme à la maison ».  Nous souhaitions recevoir les gens comme chez nous : des chambres pour chacun, des temps libres pour que nous puissions tous nous poser, savourer, discuter, jouer…
– locavore : vin, fromage, repas étaient des produits locaux ou régionaux, et l’apéritif était préparé par nos parents
– bisou : Entre nous bien sûr, mais aussi avec nos invités. Pendant ces quelques jours nous avons très souvent pris dans nos bras nos parents, nos frères et belles-sœurs, nos amis… sans aucune retenue. Embrassades chargées d’émotion, certaines comme nous ne les ferons peut-être plus.

Sans aucune retenue... le bonheur !

Les lieux

Nous tenions à nous marier au Capitole de Toulouse (parce que la salle est magnifique et pleine de symboles pour nous), parce que c’est notre ville et parce que nous tenions à l’idée de « recevoir » chez nous (et pas chez les parents de l’un ou l’autre).

Le Capitole, salle des illustres ...

Mais dans les mairies des grandes villes l’été, les mariages du samedi se font à la chaîne ; nous avons donc opté pour le vendredi.

Pour le WE, nous avions une liste édifiante de critères : vrai parquet pour la salle de danse, chambres et non pas dortoirs pour loger nos invités, pleine nature, possibilité d’être dehors souvent/tout le temps… Nous avons trouvé notre bonheur au domaine du Possible à Escoubet (Gers).

Un mariage intimiste

– Jean : De nos discussions avec de jeunes couples mariés, j’avais trop souvent entendu que « la journée passe très vite » et qu’ « on n’a pas le temps de profiter des invités ». Il était hors de question de ne pas savourer ce moment que nous mettrions un an à préparer, nous avons donc choisi d’organiser le mariage sur tout un WE (qui commençait le vendredi matin pour les témoins, parents, frères et belles-sœurs, vendredi après-midi pour les autres), et de réduire la liste de nos invités (rompant avec la tradition familiale) pour pouvoir passer du temps avec chacun.
Certaines des personnes qui n’étaient pas invitées nous ont d’ailleurs permis de mieux assumer ce choix en nous souhaitant sincèrement de bien profiter de notre mariage, et en nous disant que nous avions raison d’organiser notre mariage comme nous le souhaitions ; qu’ils auraient aimé avoir cette même liberté à leur époque.

– Dorothée : Je voulais que notre mariage nous appartienne et j’ai toujours détesté des événements où les invitants ne connaissaient pas tous les invités. Notamment des parents éloignés – dans tous les sens du terme – qui ne reconnaissent la mariée que parce qu’elle est en blanc… Il me paraissait important de bien connaître tous les gens rassemblés autour de nous et qu’eux nous connaissent réellement, même si chacun connaît des facettes différentes.
Par ailleurs, je suis plus éloignée de ma famille que Jean de la sienne qui avait pour habitude de rencontrer oncles, tantes et cousins au moins une fois par an à Noël. Alors de mon côté, le choix des invités a été rapide, parents, frère, grand-mère, un oncle paternel, une tante maternelle. Afin d’équilibrer les 2 familles Jean a fait de même : parents, frères, grand-mère, parrain et marraine. Sans cela, il aurait pu y avoir une centaine de personnes de ma belle-famille pour une dizaine de la mienne ; nous aurions alors été loin d’un cadre intimiste…

Un mariage « raisonné »

Nous voulions que notre mariage soit le plus en adéquation possible avec nos idéaux de consommation (consommer local et le moins possible – car la vraie économie est ce que l’on ne consomme pas pour reprendre un slogan actuel). Ainsi nous avons choisi :

– d’utiliser des produits locaux, en adaptant donc le menu à ce qui se faisait dans la région (ceci dit, le Gers n’est pas le pire département niveau culinaire, très loin de là même 🙂 ) ;
–  de servir au plat plutôt qu’à l’assiette (la soupe du vendredi soir a ainsi pu être resservie…) ;
–  de réutiliser ou en détourner des objets du quotidien (bocaux Le Parfait pour les compositions, pas de fleurs coupées, parce que c’est quand même plus joli vivant d’où les terrariums) en utilisant ce que nos placards nous offraient ou la nature environnante ;

– d’aller en métro et en cycloville à la mairie ;

A bicyclette... ou presque !

– de ne pas utiliser de produits « jetables » ;
– de passer tout le week-end au même endroit sans que personne n’ait besoin de prendre la voiture ;
– de remplir au maximum les voitures pour venir jusqu’au Domaine et en repartir (toutes les voitures étaient pleines, mais pas des mêmes personnes entre l’aller et le retour…).

Un mariage ludique

Nous aimons beaucoup jouer ; il était naturel de faire transparaître ceci dans notre mariage. Les jeux présents étaient donc les nôtres : palet vendéen (l’équivalent dans ses règles d’un jeu de pétanque) et möllky (jeu de quilles finlandais). Les jeux de möllky sont faits maison. Et enfin quelques jeux emmenés par nos invités, et un babyfoot disponible au Domaine.
Pendant le repas, il y a aussi eu plusieurs jeux, notamment un tournez-manège (source de bons fou-rires), et une animation pour laquelle plusieurs de nos amis avaient apporté un objet qui les associait à nous ; charge à nous de retrouver à qui correspondait l’objet et expliquer pourquoi (l’occasion pour l’assemblée d’apprendre quelques détails croustillants sur nous et notre histoire).

Un mariage participatif

 – Nous avions quatre photographes « amateurs éclairés » dans l’assistance qui ont aussi fait de très belles photos, en complément de celles du photographe officiel (qui est aussi un ami).
– Olivier, grand frère du marié, a composé et joué le morceau pour l’entrée de la mariée
– la Maman (et le papa, un peu) de la mariée a fait tous les marque-places et notre urne
– la Maman (et le papa, un peu aussi) du marié a fait les bouquets, les terrariums et les porte-dragées
– un couple d’amis a fait un film retraçant nos vies de notre naissance à notre mariage…
Maintenant que vous connaissez un peu mieux nos amoureux et leur projet … je vous laisse (un peu) patienter pour découvrir la suite : l’organisation pratique et la cérémonie laïque !

Un an !

On ne devrait pas dire noces de coton.

Nous en fait, au bout d’un an, on fête nos noces de carton.

Pas des noces EN carton, hein ? Au milieu des cartons … de déménagement.

Ça a été une année magnifique et un peu difficile. Magnifique parce que nous avons trouvé notre nouveau chez-nous, celui pour les prochaines décennies, parce qu’on a appris plein de jolies nouvelles, parce qu’on a grandi, parce qu’on s’aime comme des fous.

Difficile, un peu, parce que l’homme qui veut planter des arbres fait depuis septembre une formation loin, et que nous nous voyons que le week-end. Plus qu’un gros mois à tenir !

Depuis un an, le souvenir de cette journée du 15 mai 2010 nous accompagne et nous soutient. Comme une pierre blanche sur notre chemin. Comme une bouffée de bonheur.

Plein d’amis à nous qui se sont rencontrés à cette occasion se revoient depuis. La communauté de la guinguette existe, à sa façon. Nous nous sentons entourés, et si jamais nous l’avions oublié, nous le verrions de nouveau avec les bras qui se proposent pour le déménagement ou les chantiers à venir, mais aussi avec les coups de main que nous allons donner à notre tour.

Notre pari d’un mariage participatif est plus que réussi. N’hésitez pas à vous lancer 😉

Et dès demain, parce que je vous ai abandonnés bien trop longtemps (mais z’avez vu, y a plein de nouveaux dans la liste des blogs à visiter !), le récit et les photos d’un vrai mariage que j’ai adoré !

Qui choisir pour célébrer une cérémonie laïque ?

Vous avez décidé (avec ou sans demande à genoux, avec ou sans bague de fiançailles, mais toujours avec amour), votre partenaire et vous, de vous marier.

Et, pour plein de raisons qui vous appartiennent, vous voulez faire une cérémonie laïque, en plus de la mairie, ou pas. Je pense notamment aux couples homosexuels, puisqu’en France aujourd’hui encore le mariage civil n’est pas permis entre personnes du même sexe. Le mariage célébré par la cérémonie laïque n’aura aucune existence légale, mais il a l’importance symbolique qu’on veut bien lui accorder.

Vient le moment d’imaginer cette cérémonie, et partout dans vos recherches et lectures, vous voyiez bien que le Graal, juste après la personne avec laquelle vous voulez vous engager, est de trouver un Maitre de cérémonie (MC). Le MC est la personne qui animera votre cérémonie. On peut aussi faire une cérémonie laïque à l’occasion d’un PACS, d’une naissance, d’un décès …

Est-ce qu’on peut faire une cérémonie laïque sans maître de cérémonie ?

Oui, on peut ! On peut faire ce qu’on veut, c’est le principe de la cérémonie laïque. Dans ce cas-là, ce sont les mariés qui assurent le déroulement de la cérémonie, qui expliquent de quoi il s’agit, qui appellent les lecteurs s’ils en ont choisi. De nombreux couples préfèrent déléguer ce rôle afin d’être plus diponibles pour écouter et ressentir ce moment particulier.

C’est lui qui dira « je vous déclare mari et femme » (ou mari et mari, ou femme et femme) ?

A priori non ! Le MC n’a pas de pouvoir particulier, il n’est ni prêtre, ni maire … Ce sont les futurs époux qui vont s’engager l’un envers l’autre, selon les modalités qu’ils ont choisies ensemble (certains choisissent de se jurer amour et fidélité pour la vie, d’autres préfèrent s’engager à ne pas se faire de promesse). Le MC va plutôt faire office de maître d’orchestre. Il débutera généralement la cérémonie par l’explication de ce qu’est une cérémonie laïque, puis fera le lien entre les différents intervenants et le sdifférents moments de la cérémonie.

Qui choisir pour tenir le rôle de maître de cérémonie ?

Encore une fois, c’est vous qui voyez ! Certains couples préfèrent faire appel à des professionnels. Ceux-ci sont encore peu nombreux et leur intervention représente un budget (comme toute intervention d’un professionnel !)

Cependant, la plupart des couples choisissent de demander à un proche de tenir ce rôle. Ce fut également notre cas : une évidence, l’amie Flo étant celle qui a senti naître notre couple avant même que nous nous en doutions, étant par ailleurs une des personnes les plus bienveillantes au monde, sachant écrire et aynt une jolie présence. Mais quand ce n’est pas une évidence, qui choisir ? Certains tiennent à ce que leur MC soit de la génération de leurs parents, d’autres préfèrent un ami du même âge. Certains veulent quelqu’un d’heureux en couple depuis longtemps, d’autres se fichent de ce paramètre.

Quelques qualités sont selon moi essentielles : une profonde bienveillance et une certaine aisance à parler en public (ce qui n’exclut pas le trac !). Deux autres sont importantes, mais pas indispensables à mes yeux : de la tendresse pour votre couple, une connaissance des deux partenaires du couple.

Si on demande à un ami, est-ce que ça ne va pas tourner à la farce ?

C’est une des raisons qui poussent des couples à préférer des professionnels : est-ce que si c’est Matthieu, que la moitié de l’assistance a vu en culottes courtes, qui célèbre notre mariage, tout le monde ne va pas rire du début à la fin ? C’est une crainte qui ne me paraît pas justifiée. Si le MC a compris et accepté son rôle, et que les personnes présentes vous aiment bien (on vous le souhaite !), chacun saura ce que ce moment a de solennel pour vous (ce qui n’exclut pas de rire non plus !)

Qui est-ce qui construit la cérémonie ? Nous ou le MC ?

Là encore, tout existe. Je vous dis comment nous avons fait : nous avons choisi des textes, leurs lecteurs et un déroulement, puis nous avons donné cette trame à notre MC, en la chargeant de faire le lien et d’expliquer chaque moment, chaque texte. Elle s’en est sortie à merveille, et ça a été l’occasion de belles discussions entre nous trois. Elle nous a fait relire et approuver son texte avant la cérémonie, en gardant quelques passages surprise.

D’autres écrivent tout, tout, tout le texte de leur MC. Cela permet de rassurer le MC (cela allège considérablement sa charge de travail !) et les futurs mariés aussi (qui gardent le contrôle !)

Pour l’anecdote, j’ai même discuté avec une jeune femme qui avait été MC lors du mariage de son frère … et qui avait tout écrit sans aucune aide des mariés, lesquels ont découvert pour la première fois l’intégralité du texte le jour J !

 

Si vous avez d’autres questions, laissez-les en commentaire, j’essaierai d’y répondre (bande de petits taiseux, alors que vous êtes toujours plus nombreux à passer ;))

 

Et vous, qui avez-vous choisi comme maître de cérémonie ?

Un mariage au village de son enfance

Voici un mail que la belle Lizly m’a envoyé … Précédé de  « Je survole (enfin, pas tant que ça puisque je suis en train de remonter article par article depuis le début. hum) ton blog de mariage et je repense aux derniers mariages auxquels j’ai assistés au village.  » Je lis le texte, je souris les yeux mouillés, et je lui demande aussitôt la permission de le publier ici. Considérez donc  ce qui suit comme un cadeau de Lizly que je remercie !

Mon village, il s’appelle à Seggiano.

Et quand tu te maries à Seggiano, tout le monde est invité d’office, sinon, tu trouves une autre église et/ou mairie, y’en a plein la vallée après tout.

Quand tu te maries à Seggiano, y a toujours quelqu’un pour te prêter un terrain, tout le monde a des propriétés un peu partout qui ne sont pas constructibles. Alors peut-être qu’il faudra faire un peu de débroussaillage mais si tu es sympa avec Pierre et que tu l’aides à monter la clôture provisoire, il laissera peut-être les chèvres quelques jours sur place histoire qu’elles te fassent le gros du boulot.

Quand tu te maries à Seggiano, il y a toujours quelqu’un pour te fournir le son et la lumière. Parce qu’il faut savoir que Seggiano génère une très forte concentration d’intermittents du spectacle et qu’entre ceux dont c’est le boulot et ceux qui connaissent quelqu’un qui connait quelqu’un, on te monte une sono qui ferait blêmir AC/DC et on fait se lever le jour au milieu de la nuit si nécessaire.

Quand tu te maries à Seggiano, y a Valdo qui te fait une piste de danse qu’il débitera en petit bout plus tard pour son boulot, ça aussi c’est écolo.

Quand tu te maries à Seggiano, y a tellement de portes ouvertes que tu peux inviter la planète entière pour qu’elle dorme sur place.

Quand tu te maries à Seggiano, tu préviens Medhi et lui, il choisit 2 ou 3 cochons pour nourrir tous les invités. Et en plus, Medhi, tant que tu gardes son verre plein, il te les cuisine sur place, entiers, à la broche, parce que les autres, ils savent que brûler la viande ou te la servir crue (c’est lui qui le dit !).

Quand tu te maries à Seggiano, tu demandes gentiment à Suzanne et tu peux emprunter les tables et les chaises du comité des fêtes.

Quand tu te maries à Seggiano, tu organises pas le covoiturage, il se fait de lui-même…

Quand tu te maries à Seggiano, tu demandes de pas faire de cadeau mais y a toujours quelqu’un pour fabriquer une tirelire énorme avec une forme idiote dans laquelle tu trouveras à la fin de la fête des chèques, des espèces, des enveloppes, mais aussi, pourquoi pas, des dessins, des petits mots ou un paquet de capotes…

Quand tu annonces que tu te maries à Seggiano, on te demande directement ce qu’il faut apporter à manger.

Quand tu te maries à Seggiano, tu demandes à quelqu’un de monter le pain en passant dans le fond de la vallée, à l’artisan du coin. Un pain pour 15 à 20 invités parce que chaque pain fait 1 mètre de long.

Quand tu te maries à Seggiano, tu passes à l’atelier et tu leurs demandes s’ils ont toujours les ratapinhatas (chauve souris) en carton avec les flèches pour indiquer la direction des cagadou (besoin d’une traduction ?)

Quand tu te maries à Seggiano, tu sais que tu vas recevoir assez de photos pour remplir 47 albums de 100 alors tu te fais pas trop de soucis à ce sujet. Quand tu te maries à Seggiano, tu traînes pas une robe de princesse dans les herbes folles et les galets mais tu es bien plus belle.

Jasso Wedding, Galerie de bambibabe48

Quand tu te maries à Seggiano, tu t’attends toujours à ce qu’il y ait un local qui sorte une connerie au moment où tu vas dire « oui » mais personne ne dit rien parce qu’on aime se marrer mais on sait aussi quand il faut s’arrêter. Quand tu te maries à Seggiano, il faut ouvrir la fenêtre de la toute petite mairie pour que de dehors, on sache quand il faut applaudir.

Quand tu te maries à Seggiano, il faut faire attention en sortant de la mairie aussi parce qu’il ne pleut pas que du riz, mais jamais rien qui tache, c’est promis.

Quand tu te maries à Seggiano, ça se termine toujours par des chansons en occitan.

Quand tu te maries à Seggiano, tu as intérêt à prévenir les gens qui ne sont pas du coin, parce que ça surprend.

 

 

Enfin, des fois, il y a des gens qui se marient à Seggiano mais on sait pas vraiment qui c’est.

Puis ils ont loué le gîte pour faire la fête, sur le grand terrain bien plat devant. Puis ils ont un DJ, avec des disques modernes et tout.

Puis ils sont tout une enfilade de voitures, c’est à se demander s’il y en a pas qui se conduisent toutes seules.

Puis on fait tourner les serviettes, à la queu leu leu, en dansant en canard. Et on ne sait pas que « sien dei bravi gens / et sien toujou content ! »

M’enfin, ces mariages là…

La sortie de la mairie et la balade jusqu’à la guinguette

Bonjour bonjour, non je n’ai pas disparu. A l’instar d’une toute jeune mariée dont je viens de recevoir un mail, et même presque un mois après, je peine encore à trouver les mots, à me retourner sur ces journées exceptionnelles … Mais comme j’ai peur aussi d’oublier, je continue mon récit !

Nous n’avions rien prévu pour la sortie de la mairie (même si le lendemain du mariage j’ai eu une idée fabuleuse, je vous raconterai), avions pensé à des graines pour la fin de cérémonie « en plein champ », puis avions abandonné, dans l’incertitude du champ en question.

Mais évidemment on y a pensé pour nous …

La mairie de notre petit village est conçue de façon étrange, c’est un rectangle assez long mais dont la porte d’entrée est sur la longueur et non la largeur. Une grande table dans les mêmes proportions distribue l’espace : l’équipe de la mairie est logiquement au fond de la salle, mais les mariés et les témoins, qui tournent le dos à la porte, sont à quelques centimètres de la sortie, tandis que les invités sont tout autour de la table … et donc souvent plus loin de la porte que nous.

Vous me suivez ? Non ? Hé bien en gros, après avoir remercié notre homme orchestre dans son costume républicain, nous sommes sortis de la mairie … pratiquement les premiers !

J’ai un souvenir assez flou de l’effervescence ensuite, des photos prises, de moi qui voulais aller embrasser ceux que je n’avais pas encore salués, de tout d’un coup des petits avec des confettis et des grands avec des bulles soufflées toutes seules par le vent …

La merveilleuse M. avait en effet récupéré d’un mariage précédent des bidules à souffler des bulles, qu’elle avait imaginé donner aux enfants, et puis finalement ça faisait trop envie aux grands, d’autant que de son côté,  la soeur de l’homme qui s’interroge sur le végétarisme avait distribué les confettis aux petits … Joli moment, et jolies photos … (Toutefois, ceux qui ont des enfants, expliquez-leur que les confettis, c’est pas des armes de poing. Les lancer sur les mariés, ok, mais pas à deux centimètres de leurs yeux, merci, surtout quand la mariée porte des lentilles.)

 

 

Ensuite, j’ai enfin pu aller embrasser ceux que je n’avais pas vu le matin même ou la veille. Sauf que des gens en ont profité pour me féliciter, même si je venais de les voir. L’homme qui n’avait pas changé de nom de famille, lui, n’était pas dans le même cas, il avait vu tout le monde pendant que je me faisais pomponner et que je pomponnais. Moment un peu étrange pour moi, pas désagréable mais bizarre. Le père de l’homme qui rayonne me réclame quelques photos posées, je lui réponds un peu sèchement – je m’en excuserai bien vite – mais nous ne voulons pas de photos posées et surtout pas avant d’avoir dit bonjour à chacun.

Ensuite, mon mari tout neuf propose à la cantonade de nous suivre par un petit chemin (que j’avais repéré le matin même, an-ti-ci-pa-tion maximale), en prévenant que le chemin est fort joli mais un peu sauvage, il va falloir éviter quelques flaques de rosée (et de boue, mais c’est moins joli). Et nous partons devant, profitant de cette intimité relative pour nous dévorer du regard et nous émerveiller béatement du déroulé de la cérémonie, de la beauté du chemin, et même d’une invitée  rayonnante qui saute dans les champs comme une gazelle pour nous prendre en photo …

 

Début de la balade dans le monde civilisé

 

 

 

C’est au cours de cette balade que mon bouquet improvisé, où même le soleil daignera faire une apparition, s’agrémentera en plus d’un coquelicot.

 

 

Et la suite ? Bientôt !