La sortie de la mairie et la balade jusqu’à la guinguette

Bonjour bonjour, non je n’ai pas disparu. A l’instar d’une toute jeune mariée dont je viens de recevoir un mail, et même presque un mois après, je peine encore à trouver les mots, à me retourner sur ces journées exceptionnelles … Mais comme j’ai peur aussi d’oublier, je continue mon récit !

Nous n’avions rien prévu pour la sortie de la mairie (même si le lendemain du mariage j’ai eu une idée fabuleuse, je vous raconterai), avions pensé à des graines pour la fin de cérémonie « en plein champ », puis avions abandonné, dans l’incertitude du champ en question.

Mais évidemment on y a pensé pour nous …

La mairie de notre petit village est conçue de façon étrange, c’est un rectangle assez long mais dont la porte d’entrée est sur la longueur et non la largeur. Une grande table dans les mêmes proportions distribue l’espace : l’équipe de la mairie est logiquement au fond de la salle, mais les mariés et les témoins, qui tournent le dos à la porte, sont à quelques centimètres de la sortie, tandis que les invités sont tout autour de la table … et donc souvent plus loin de la porte que nous.

Vous me suivez ? Non ? Hé bien en gros, après avoir remercié notre homme orchestre dans son costume républicain, nous sommes sortis de la mairie … pratiquement les premiers !

J’ai un souvenir assez flou de l’effervescence ensuite, des photos prises, de moi qui voulais aller embrasser ceux que je n’avais pas encore salués, de tout d’un coup des petits avec des confettis et des grands avec des bulles soufflées toutes seules par le vent …

La merveilleuse M. avait en effet récupéré d’un mariage précédent des bidules à souffler des bulles, qu’elle avait imaginé donner aux enfants, et puis finalement ça faisait trop envie aux grands, d’autant que de son côté,  la soeur de l’homme qui s’interroge sur le végétarisme avait distribué les confettis aux petits … Joli moment, et jolies photos … (Toutefois, ceux qui ont des enfants, expliquez-leur que les confettis, c’est pas des armes de poing. Les lancer sur les mariés, ok, mais pas à deux centimètres de leurs yeux, merci, surtout quand la mariée porte des lentilles.)

 

 

Ensuite, j’ai enfin pu aller embrasser ceux que je n’avais pas vu le matin même ou la veille. Sauf que des gens en ont profité pour me féliciter, même si je venais de les voir. L’homme qui n’avait pas changé de nom de famille, lui, n’était pas dans le même cas, il avait vu tout le monde pendant que je me faisais pomponner et que je pomponnais. Moment un peu étrange pour moi, pas désagréable mais bizarre. Le père de l’homme qui rayonne me réclame quelques photos posées, je lui réponds un peu sèchement – je m’en excuserai bien vite – mais nous ne voulons pas de photos posées et surtout pas avant d’avoir dit bonjour à chacun.

Ensuite, mon mari tout neuf propose à la cantonade de nous suivre par un petit chemin (que j’avais repéré le matin même, an-ti-ci-pa-tion maximale), en prévenant que le chemin est fort joli mais un peu sauvage, il va falloir éviter quelques flaques de rosée (et de boue, mais c’est moins joli). Et nous partons devant, profitant de cette intimité relative pour nous dévorer du regard et nous émerveiller béatement du déroulé de la cérémonie, de la beauté du chemin, et même d’une invitée  rayonnante qui saute dans les champs comme une gazelle pour nous prendre en photo …

 

Début de la balade dans le monde civilisé

 

 

 

C’est au cours de cette balade que mon bouquet improvisé, où même le soleil daignera faire une apparition, s’agrémentera en plus d’un coquelicot.

 

 

Et la suite ? Bientôt !

Publicités

La parabole du bouquet

Je ne sais toujours pas par où commencer. C’était fou, spontané, vivant, glacial au-dehors et chaud au-dedans, c’était comme quelques jours de rêve collectif, généreux, émouvant, surprenant.

En guise d’illustration de tout cela, l’histoire de mon bouquet de mariée.

Je ne voulais pas de bouquet, estimant que je ne serais pas à l’aise avec, et ne tenant pas à la tradition du lancer.

Pourtant, la veille du mariage, ma petite nièce (par alliance ;)) m’a offert spontanément ce petit bouquet de carotte sauvage. Le lendemain, j’ai préparé une petite table dans ma chambre pour accueillir la coiffeuse et les filles qui souhaitaient s’y maquiller ou passer boire le thé avec la mariée se préparant en secret. Le petit bouquet décorait la table. Quelques minutes avant de partir à la mairie, l’idée m’est venue de le prendre avec moi. Une de mes co-coiffées a trouvé un ruban, et en sortant de ma chambre, une amie est passée, qui m’avait, sans être au courant de ces rebondissements minimes, apporté quelques boutons d’or qu’on a ajoutés au cœur du bouquet.

J’ai compris, sur les quelques dizaines de mètres qui séparent notre maison de la mairie, à quoi pouvait servir le bouquet de la mariée : il lui permet de savoir quoi faire de ses mains, de se raccrocher physiquement à quelque chose quand tous les regards se tournent vers elle …

Après la mairie, pendant la petite marche qui nous menait à la guinguette, il s’est encore enrichi, grâce à  l’offrande d’un petit invité, d’un coquelicot central.

Cette anecdote est à l’image de ces quelques jours : de la spontanéité, de la générosité, de la créativité, pas de convention et beaucoup d’amour …