La journée de la future mariée à 18 jours de dire oui

(Ou non. Mais je pense que je vais dire oui.)

Attention,  billet long comme une mariée en Louboutin et d’un intérêt discutable.

Je me suis réveillée quelques secondes avant le réveil à 7h30, trempée de sueur. L’homme qui me regarde me raconte que j’ai fait un cauchemar cette nuit, et que j’ai crié. Je me souviens vaguement du cri, pas de sa raison. Je file sous la douche nettoyer tout ça. Je sors, m’habille, prend le thé rouge que l’homme qui bouquine m’a préparé, lis quelques mails, discute avec lui, lui cherche un remède pour un petit bouton, ah flûte on a plus d’huile essentielle de tea tree, vais me maquiller histoire de ne pas perdre la main, suis déjà presque en retard, file à la voiture, conduis, arrive au lycée.

Ma collègue a pris les clés, j’entre dans le bureau, ce matin je travaille de 9 à 12h et j’ai deux heures de cours, en première et dernière heure. Je vais directement dans la salle de projection, lance l’ordi et le rétroprojecteur qui rament, retourne à mon bureau pendant ce temps, allume mon ordi, relève le courrier, le retransmets.  Deux groupes d’élèves ont gagné des prix au concours de la Résistance, j’affiche. « Mes » élèves arrivent avec leur prof d’ECJS, un peu bruyants, un peu dispersés. Ils s’installent, je présente la séquence, leur distribue le questionnaire, leur demande ce que leur évoque le titre L’île aux Fleurs, lance la vidéo. A certains moments je leur demande de fermer les yeux et d’imaginer ce qu’il y a à l’écran, ils jouent le jeu. 12 minutes plus tard, on fait le tour de la première série de questions. Je relance la vidéo, les confie à la collègue, retourne à mon bureau, profite de ces dix minutes pour avancer dans la re-cotation de la classe 100 (Philosophie). Hegel et la liberté, je le classe sous « Déterminisme » ou sous « école de philosophie moderne » ?

Retour à ma séquence, on répond ensemble à la seconde série de questions, je les pousse à s’exprimer, l’un dit que le film ne propose pas de morale et que ça manque, un autre que c’est à nous de faire notre morale. Ça sonne, ils filent.

Une heure avant le prochain cours, la même trame avec une autre classe. Ma collègue prend une pause, moi aussi mais je reste à mon bureau et en profite pour lire ma blogroll en diagonale. Puis je vais aider trois groupes d’élèves qui peinent devant leurs ordis : mise en page d’un CV, l’outil diaporama d’openoffice, une lettre de motivation. Je montre, je conseille, je propose de la doc.  Le proviseur passe, on prend rendez-vous pour discuter de la distribution des manuels (une baballe que se renvoient chaque année la mairie, le secrétariat du lycée et le service de doc). En filigrane je continue à me creuser la tête sur Bergson, les présocratiques et l’existence de Dieu.

Deuxième heure de cours, même shéma que la première, avec des élèves plus intéressés et plus bavards. On finit un peu abruptement, ma collègue et moi discuter de faire un débat pour lequel ils pourraient se servir de ce film. Je propose « Existe t’il une croissance verte ? » mais on peine à caler la date.

Je sors, rentre chez nous. Ça sent bon. Mon amoureux m’envoie signer un papier pas drôle à la mairie, j’y cours avant que ça ferme et leur pique un bonbon (rose). J’installe le matelas sur la terrasse, poursuit mon polar en attendant que l’homme qui mitonne apporte le repas. On déguste. Je m’allonge, dévore les dernières pages, discute avec lui, un oeil sur le réveil qu’il a sorti. Je vérifie l’heure de mes rendez-vous, rassemble mes affaires, ajoute une liste de courses, reprend la route.

J’essaie ma robe, il ne manque que l’ourlet. Ma-collègue-la-mère-de-ma-couturière m’a fait une surprise, une fleur en tissu avec les chutes. On fait quelques photos, je rembourse le tissu et le reste, je suis déjà à la bourre, je file chez la coiffeuse. 15h18, j’ai trois minutes de retard dont je m’excuse. Sauf que ma coiffeuse fait une sale tête, j’avais en fait rendez-vous à 15h. J’ai confondu avec le rendez-vous pour récupérer mon autre robe vendredi. Je me répands en excuses, tant pis, on essaiera une seule coiffure, ça ne m’arrive jamais un truc pareil. On essaie un chignon bas un peu de côté. Moins bien que la semaine dernière. Je file vite.

Je repasse en ville, dévalise le rayon « verres à pied » d’Emmaüs à un prix imbattable (j’en reparlerai), j’achète de l’huile essentielle de tea tree, passe au magasin de loisirs créatifs, y prend un ruban gris perle et des tubes de peintures, rend un DVD et en choisit un autre à la bibliothèque, reprend la route pour chez moi. A mi-chemin je m’aperçois que j’ai encore oublié de récupérer le jus de raisin et le vin rouge, c’est embêtant c’est pour le groupement d’achat, mais tant pis il est déjà 17h, j’ai 30 verres dans le coffre et je meurs de soif.

En rentrant, l’homme qui mange des noix de cajou prend ma coiffure en photo pour avoir l’avis des copines, puis on essaie de faire des photos de nous deux ensemble, bras tendus. L’homme qui trouve ses cheveux trop longs sur les photos me ramène les ciseaux de coiffure, je coupe et réajuste pendant 40 minutes, suis évidemment moins contente que d’habitude du résultat, me dis que je réajusterai dans quelques jours.

Il est 18h30, je valide quelques mails sur notre mailing list du mariage, répond à quelques inquiets qui n’ont pas réservé le camping, et commence ce billet.

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11 réflexions au sujet de « La journée de la future mariée à 18 jours de dire oui »

  1. J’adore j’adore j’adore :))))
    Et alors ces photos? De la robe et de la coiffure? 😉 Non en fait la robe, je préfère garder la surprise, j’espère que ça te plaît!
    Je t’embrasse!! 🙂 (et l’homme qui lit aussi :p)

  2. Ta façon d’écrire, j’ai eu l’impression d’être à côté de toi toute la journée, et puis la façon dont tu fais les choses 😉

  3. Moi aussi j’aime bien lire une petite anecdote extraite de la vie quotidienne, qui est finalement ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre comme dirait l’Autre… 🙂

  4. et ben…
    dites moi, chère madame, quel est votre métier?!
    Car j’ai beau me creuser le ciboulot, je ne parviens pas à trouver un lien tant soit peu plausible entre l’accouchement d’une chèvre et la mise en place d’un débat sur l’île au fleur dans un lycée
    : )

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